QUI JE SUIS
Deva Loka

Dès l'enfance, un appel : vivre ma nature sauvage et instinctive, et une fascination pour le rituel, pour le sacré.
D'abord le corps et la scène. Des études de kinésithérapie, l'académie des beaux-arts, puis l'école internationale de théâtre-mouvement Jacques Lecoq. J'y choisis la voie du clown, que j'approfondis pendant vingt ans à travers les arts de la scène : le jeu, la mise en scène, la pédagogie, et l'art-thérapie en cliniques psychiatriques et en hôpitaux pour enfants.
La curiosité mène loin : les contes, le massage Tao, le toucher sacré, la danse des cinq rythmes, le watsu, le chamanisme. Un voyage en Inde, à l'ashram de la mission Shri Ram Chandra, me fait rencontrer la méditation du cœur, selon la méthode Sahaj Marg. Puis deux années de parcours personnel en Sexual Grounding Therapy.
En 2011, la rencontre du SkyDancing Tantra : deux années de formation personnelle, puis l'assistanat, puis la formation d'enseignants. En 2018, Margot Anand, fondatrice de la méthode, me donne mon prénom d'âme : Deva Loka.
Aujourd'hui, praticienne et formatrice en massage tantrique, je développe ma propre méthode. Le fil rouge est la créativité : ici, c'est une artiste qui enseigne, et le jeu, la peinture et la scène traversent chaque rituel.

ENSEIGNANTE CERTIFIÉE SKYDANCING TANTRA®
Deva Loka "Lieu où réside l'esprit de la Déesse", Prénom d'âme reçu de Margot Anand (Fondatrice de la méthode SkyDancing Tantra.)
Une lettre,
chaque lune.
NEWSLETTEr
Une fois par mois
La Passion selon Lola
Confidence clownesque de Anne CORNU, Ingrid MARCQ.
Mise en scène : Anne CORNU et Vincent Rouche.
Avec : Ingrid MARCQ
Musique originale : Cloé Du Trèfle
Bruxelles – Mars 2003, Paris – Oct 2003,
Avignon Théâtre des Doms – Avril 2004.
Bruxelles Théâtre 140, 20, 21, 22 mars 2012
Lola est de celle que l’on quitte. C’est du moins ce qu’elle croit. Passée maître en l’art de choisir celui ou celle qui, immanquablement, la laissera sur le carreau, devenue athlète à l’épreuve de l’impossible, elle a collectionné les passions.
« La passion selon Lola » est l’histoire d’un calvaire : les prénoms se succèdent dans le cœur de Lola mais, à l’instant où « l’autre » s’en va, le texte de Lola reste le même…
Au cœur de la douleur, la répétition nous met la puce à l’oreille, le ridicule guette.
Cette fois elle a décidé de se soumettre à la rupture, de la soumettre à la question.
Pierre de touche, elle s’y frotte et, tel un étendard, brandit sa dernière lettre de rupture, minable photocopie aux arguments douteux : « je t’aime mais ce n’est pas le moment. Je n’ai jamais vécu un bonheur si heureux, tu es magnifique, mais j’ai ma carrière, tu mérites mieux que moi, fais ta vie… Adieu, Lola. »
Dans la saoulerie des mots, l’outrance de la douleur, elle purge le poison et mène un étrange procès.
Mais de quel crime s’agit-il ? Quelqu&un, dit-elle, a tué l’amour.
Soudain nostalgique, elle se le remémore ; Soudain haineuse elle accuse. Solitaire depuis toujours et à jamais dans l’urgence du dialogue, elle s’invente un partenaire.
Le délire n’est pas loin.
Elle gesticule, gémit, s’épanche.
Interroge tout ce qui lui tombe sous la main : de la bible au magazine féminin, à défaut de verdict, elle confronte les oracles et en perd son latin. Qu’est-ce qu’une femme ? Qu’est-ce que l’amour ? Que cherche Lola ?
La spirale l’entraîne et c’est au cœur de ce mouvement que le clown trouve son ivresse. Car Lola est un clown tragique, ridicule et saisissant.
A force d’être nulle et risible… : Elle met son image en pièces.
D’un coup de pattes effaçant les contours de son maquillage, l’ivresse tombe. Et, avec elle, le nez.
L’équation se révèle avec son inconnue.
Anne CORNU
La naissance de Lola…
Ce jour-là, je fuis vers la campagne.
Petite, je suis petite, je dois avoir 10 ans, c'est forcément un dimanche, puisque toute la sainte famille est là, comme tous les dimanches.
Ce jour-là, je fuis la messe, le porto, le rôti, la purée, les épinards, parfois le poulet, la compote, les frites et puis la vaisselle avec Jacques Martin.
Je marche seule. Le village est désert.
Soudain, j'aperçois une forme inattendue, un toit rouge et blanc, dominant mes toits gris familiers.
Les dernières maisons dépassées, je découvre une tente géante et ronde au chapeau pointu. Posée là sur le pré. Tout autour d'elle, de la boue, des caravanes, de la fumée, des animaux dans leurs cages, des cordes, du linge et de la boue, encore de la boue…
J'entends de la musique et des applaudissements.
Derrière la toile rouge, j'aperçois une silhouette. Un homme, une grande veste à carreau, une perruque, un faux nez rouge et rond. Il est là, debout, la tête inclinée vers le sol, les pieds dans la boue, il attend de rentrer en piste. Une main dans la poche, il n'a pas de mouchoir, de l'autre main, enlève le faux nez et se mouche le vrai avec deux doigts.
Cette liberté me fascine et m'effraye.
Je m'enfuis, dans mes habits du dimanche, les chaussures pleines de boue. Je rentre chez moi la tête bousculée.
J'ai entrevu un autre monde, et je remonte sur le navire dont ma grand-mère tient le gouvernail. Dans ces deux mondes, le même tragique.
Ce soir-là, je regarderai une fois encore les femmes de la famille pleurer devant un film romantique qui finit mal et les hommes, pris par l'ivresse du vin redevenir des enfants chiffonnés.
Moi, je reste entre deux mondes.
26 ans ont passé, je suis derrière la toile rouge et je vais entrer en scène.
Parti pris de l’écriture…
Le rire salvateur est à ce prix : Lola est d’une mauvaise foi ébouissante. C’est de cet endroit que son clown regarde la tragédie de sa solitude. Sans distance, elle s’immole et, paradoxalement, nous sauve. Lola raconte ce que nous cachons : l’incohérence de nos sentiments, la démesure de nos attentes, la petitesse de nos revanches.


